L’AUTO-STOP

Faire cet article, ça me tenait vraiment à cœur. Parce que oui, je vous raconte ce que j’ai fait ici, où j’ai dormi là bas, cette française que j’ai rencontré par là, mais ils vous manquent quand même quelques épisodes. Et une partie importante de mon voyage a été l’expérience de l’auto-stop. Je vous ai tout de même parlé dans quelques articles de mes aventures sur le bord des routes, mais je trouve que cette expérience mérite un article rien que pour elle.

Ma première fois en terme d’auto stop, c’était au Mexique. Mais c’était une première fois de bébé : seulement quelques kilomètres pour aller d’un site touriste à un autre. Comment ça s’est passé ? Laissez moi tout vous raconter. J’étais sur Mérida (#Yucatan) où j’avais loué une voiture toute seule pour quelques jours histoire de faire les sites autour de Mérida. En mode « make it rain » , je suis riche je me prends une voiture. Bon c’était bien beau tout ça mais après je suis revenue à la réalité du  » je veux voyager longtemps et qui veut aller loin ménage sa monture ou plutôt, son porte monnaie  « . Mais, quand j’étais avec ma petite voiture, j’avais vu des backpackers faire de l’auto-stop sur le bord de la route et voici comment l’idée a germée dans ma tête. Quelques jours plus tard, je n’ai plus de voiture, le bus est redevenu mon fidèle destrier et je me retrouve à Valladolid. Mon host Couchsurfeur me conseille d’aller visiter la ruine de Ek Balam.

Hors de question de payer le taxi qui va encore me coûter un bras. Je décide donc de me poster à la sortie de la ville et d’attendre qu’un bus pour Tizimin passe et je lui demanderais de me déposer au croisement avec la route pour Ek Balam. Je marcherai pour le reste du trajet. Le bus me coûte 13 pesos, j’allume mon Google map et là il m’annonce 1h30 de marche. J’aurais peut-être dû vérifier ça avant. Le problème c’est qu’il est 15h30 et que le site ferme à 17h, ça me ferait arriver à la fermeture. Du coup, je me lance, je fais du stop. Tout le monde dit sur internet que c’est assez safe dans cette région du Mexique. Et effectivement, 30 secondes plus tard, une camionnette s’arrête et me fait monter à l’arrière. Il ne me reste plus que 20 minutes à marcher. J’arrive donc suffisamment tôt pour faire la visite du site tranquillement. Au retour, c’est un peu plus compliqué pour rentrer. Le site est fermé, il n’y a plus personne sur la route, il faut que je fasse les 1h30 de marche pour rejoindre la route principale. Marcher, ça ne me fait pas peur, ce que je n’aime pas c’est que dans 1h il fait nuit. Heureusement, la voiture des employés finit par passer et ils me déposent au premier village. Après 5 minutes d’attente sans rien voir passer, une moto s’arrête et je monte à l’arrière. Si ma mère lisait ça, sur une moto sans casque avec un inconnu au Mexique, elle ferait une crise. Mais tout s’est bien passé, il m’a déposé au dernier village avant Valladolid où j’ai pu prendre un taxi pour 15 pesos.


 

Voilà : ma première expérience d’auto-stop et après ça je me sentais tellement puissante, et folle, et heureuse, et trop une guedin quoi ! J’avais économisé de l’argent, j’avais vu des choses que je n’aurais pas vu sans le stop, j’avais fait de la moto, j’avais quelque chose à raconter ! Génial. Et pourtant ce n’était que quelques kilomètres. Au final je ne risquais rien, au pire, je marchais quelques heures.

Le lendemain, je refais la même. Je sors de Chichen Itza, je veux me rendre au Cenote Xkeken, un peu éloigné de la route principale où passent les bus. Je demande donc au bus de me laisser au croisement entre la route principale et la route pour Xkeken. Il n’y a que 2 ou 3 km mais pourquoi marcher quand on peut faire du stop ? Et op une famille m’emmène avec eux ! Parfait ! Au retour, je me pose au parking et j’attends de voir les gens qui sortent pour les aborder. Il faut bien sûr d’abord voir s’ils ont de la place dans leur voiture. Je tombe sur deux copains très étonnés de voir une fille seule, ici, faisant du stop. « Tu n’as pas peur ? » Peur de quoi ? Et c’est vrai, je n’ai absolument pas eu peur. À raison vu que je rentre sur valladolid en un seul morceau et en pleine forme.

Mon passage dans la région du Yucatan, c’est par ici !

Donc voilà ma première expérience d’auto-stop en mode soft – Soft car ce n’étaient que quelques kilomètres à chaque fois et qu’au pire, j’aurais pu marcher. Mais cette fois-ci, je vais rentrer dans la cour des grands ! J’arrive en Argentine, pays des Gachos, de la pampa, de la Patagonie et des transports hors de prix. Et oui, ça change du bus pour quelques pesos au Mexique. J’arrive à Buenos Aires où je rencontre la blinde de français me racontant leurs histoires d’auto-stop en Patagonie. Je suis impressionnée d’abord. Mais c’est des fous les gens de faire ça quand même, c’est dangereux. Puis je me laisse convaincre. Mais… si tant de personne le font c’est que c’est safe, non ? Et ainsi naquit l’idée de traverser l’Argentine et le Chili en auto-stop. On me conseille d’acheter une tente, mais c’est beaucoup trop cher, au pire je dormirai dans mon sac ahah – Heureusement pour moi ça ne m’est jamais arrivée.

Pss, tu veux savoir ce que j’ai pensé de Buenos Aires ? Cliques ici !

Le jour J est enfin arrivé ! Je suis à Ushuaïa – je suis venue ici en avion déjà réservé depuis longtemps. J’ai passé une semaine superbe dans ce coin mais il est temps de partir. Mon programme ? Puerto Natales au Chili mais tout le monde me dit que je ne pourrais pas y aller en une fois et qu’il me faudra surement m’arrêter à Punta Arena. Bon ben on verra bien ! Je pars de chez mon host couchsurfing et je marche, je marche jusqu’à la sortie de la ville. J’ai la boule au ventre. J’ai peur, je crois. Et puis, je suis triste, triste de quitter les amis que je me suis fait à Ushuaïa. Bref, j’ai le moral un peu bas. Et donc je marche jusqu’à la sortie de la ville… Mais c’est qu’elle est loin cette sortie ! Et mon sac pèse tout de même une tonne ! J’en ai vite marre je vous l’avoue. Et si, et si je faisais du stop pour aller jusqu’à la sortie de la ville ?  Hummm, ça se tente. Et miracle, une voiture s’arrête tout de suite. Avec un grand sourire (et un petit regard malheureux) je lui demande s’il peut m’amener jusqu’à la sortie et il m’y amène ! Victoire ! Alors qu’il m’avoue que ce n’était pas sur son chemin. Gracias Amigo !

L’avantage c’est qu’Ushuaïa c’est le terminus, la fin du monde ! Donc il n’y a qu’une seule route pour y arriver, et la même route pour partir. J’arrive donc sur cette route et ils sont déjà 4 à attendre une voiture. La règle «  premier arrivé, premier servi » est de rigueur. Je décide de marcher un peu plus loin jusqu’à ce qu’on ne me voit plus. Je ne sais pas pourquoi réellement. Mais ça a marché ! Une voiture s’arrête et je demande « Donde vas? » « Puerto Natales » ! Quelle chance, au bout de deux minutes, la première voiture qui s’arrête va là où je vais ! Faut savoir que c’est un truc de fou car quasiment personne ne fait Ushuaia – Puerto Natales. Et c’est parti pour 12 heures de route avec ce gentil monsieur et son chien. Fatigué par la route, il me laisse conduire une bonne partie du trajet. Je suis en train de conduire en Patagonie, la classe !

Viens voir ici ce que j’ai fait à Ushuaïa !

Une autre chance que j’ai eu, est que j’avais des contacts de couchsurfing dans la plupart des mes étapes. Même si, en vrai, je ne savais pas où j’allais exactement et surtout quand j’allais y arriver. Parce que le stop c’est bien, c’est gratuit, tu vies encore plus le voyage, tu rencontres des gens, mais tu ne sais pas quand tu vas arriver. Et donc les pauvres couchsurfeur je leur disais que j’allais arriver dans « un à trois jour », voir plus en vérité car ça dépendait aussi de mes humeurs et de mes envies.

Mon couchsurfeur de Puerto Natales par exemple, je ne pensais pas du tout arriver en un seul jour et donc je suis arrivée plus tôt par surprise. Je n’avais plus trop de nouvelle de lui, je n’étais pas sûre d’être à la bonne maison. Ah mais d’ailleurs, je n’étais pas à la bonne maison mais chez les voisins ! Et personne ne répondait quand je sonnais, du coup j’attendais dehors, dans le noir, à 23h passé, dans le froid en espérant que quelque chose se passe. Au bout de 30 minutes, je me suis quand même bougée pour aller toquer chez les voisins qui se trouvait être la bonne maison ! Et voilà une Estelle (moi) qui débarque dans une coloc de chiliens au beau milieu de la nuit, complètement crevée après une journée de stop et une heure à attendre dans le froid sans savoir quoi faire.

Quatre jours plus tard et après un treck dans le parc du Torres del Paine, c’est mon couchsurfeur qui me dépose à la frontière avec l’Argentine où je reprends le stop, quelle gentillesse – je précise que j’avais de la chance car il avait prévu d’aller vers ce coin là dans tous les cas.

Et toi, Oui toi ! Tu dois absolument (ABSOLUMENT) aller à Puerto Natales et au Parc Torres del Paine. Clique ici pour voir pourquoi !

J’attends 1h au poste de frontière sans rien voir passer. Pas une voiture, pas un vélo, pas un chien, rien. Je suis au milieu de pas grand chose. Il y a le poste de frontière, un shop – et ça c’est pas mal – et des toilettes – et ça c’est génial. Bref, je peux survivre donc je ne m’inquiète pas.

J’ai une petite anecdote sur ce passage. En tant qu’européenne qui passe sans se rendre compte d’un pays à un autre car il n’y a pas de frontière chez nous, j’ai oublié que les frontières, c’est quand même quelque chose de sérieux normalement. Je passe donc la frontière de façon officiel avec mon tampon de sortie du Chili et mon tampon d’entrée en Argentine. Mais voilà que j’ai faim, mince le shop est au Chili, je passe donc par l’extérieur du poste de frontière pour repasser au Chili, j’achète mes biscuits et je reviens toute contente du côté Argentin. Mais mince, je dois aller aux toilettes ! Et devinez quoi ! Les toilettes sont au Chili, allez on repart du côté chilien, on fait pipi et on revient. Pendant tout ce temps un policier argentin me regarde en rigolant – heureusement pour moi.  » Tu sais que tu n’as pas le droit de faire ça comme ça normalement ?  » Oups !

Bref, j’attends calmement dans le poste de frontière, avec le vent qu’il y a dehors je préfère rester au chaud. Une asiatique arrive, on est maintenant deux à attendre et ça me fait de la compagnie. Rapidement, deux portugais arrivent. Ils ont travaillé en antarctique et se baladent maintenant dans le pays en voiture. Ils me ramèneront directement à Calafate. Parfait ! Je vais vite comprendre que j’ai une chance incroyable avec le stop !

Après une journée sur place je repars et cette fois-ci accompagnée ! Une américain qui dormait chez le même couchsurfing que moi veut venir avec moi. Elle n’a jamais fait de stop et elle trouve l’idée super excitante. Je me sens comme une mentor, genre une pro de l’auto-stop ahah.

On commence à marcher avec nos sacs énormes et je me rends vite compte que ça va être dur d’aller jusqu’à la sortie de la ville qui est vachement éloignée. Je demande à une dame qui rentre dans sa voiture si elle peut nous rapprocher de la sortie et là, ma chance est avec moi, elle habite à côté de la sortie et nous y amène directement. On passe le poste de contrôle de police et là… Me*de ! Je ne sais combien de personnes sont là en train eux aussi d’attendre une voiture.

Je repère deux espagnols déjà croisés la veille et je commence à leur parler. Ils m’expliquent qu’ils sont là depuis 3 heures et que le gars après nous attend depuis la veille. Bon, je ne désespère pas et me dit qu’au pire je prendrai le bus de 16h. Après 2h de plus à attendre, les gars partent et abandonnent.

Juste après leur départ, je prends un papier et écris aéroport. Je me suis, en effet, rendue compte, que quasiment toutes les voitures allaient à l’aéroport. Il se trouve à 10 bornes. Je me dis que ça sera déjà ça et que j’aurai peut-être plus de chance là bas. C’est complètement un coup de poker. Car en faisant ça, je prends le risque de me retrouver au milieu de nulle part sans tente pour camper. Et là, ça marche ! Une dame s’arrête et il se trouve en fait qu’elle se rend jusqu’au croisement avec la route pour El Chalten. Je discute un peu et elle nous dépose là bas. J’ai un peu honte de moi car les autres attendaient depuis beaucoup plus longtemps et nous on a attendu deux heures et on est passés devant les autres. Ce n’est pas bien ! Mais ne vous inquiétez pas, on a pris avec nous le gars qui attendait depuis la veille.

Arrivés au croisement, on se retrouve au milieu de rien et il n’y a pas une voiture qui passe. On a le temps de manger, de mettre de la musique et de danser. Moment inoubliable de danser avec cette américaine au milieu de la pampa ! Puis après 30 minutes, une voiture passe et s’arrête ! Le monsieur, gentil, nous ramène jusqu’à la maison de notre hôte couchsurfing. Car oui, ma chance est tellement avec moi que j’ai trouvé un couchsurfing dans ce tout petit village d’El Chalten ! Incroyable ! Et en plus, il y a de la place pour co-autostopeuse américaine !

Par ici pour lire mon récit sur El Chalten et El Calafate !

Deux jours plus tard, je pars toute seule cette fois-ci pour aller faire du stop. Un autre mec attend déjà et c’est tout naturellement qu’on se met à faire du stop ensemble car on se rend au même endroit. Pour lui c’est plus facile d’être avec une fille, les gens ont moins peur. Et pour moi comme pour lui ça nous fait de la compagnie. On attend peut-être une heure, à vrais dire je ne m’en souviens plus exactement. Mais je sais qu’on trouve une voiture qui nous emmène jusqu’au croisement, où j’étais deux jours avant en train de danser avec l’américaine. Puis une autre voiture nous amène au village de los tres lagos. Puis un camion nous avance de quelques centaines de mètres pour nous déposer au croisement suivant. C’est toujours ça de pris et au moins, je n’ai pas à marcher ces quelques centaines de mètres avec mon sac sur le dos.

Arrivés au croisements on trouve un genre de spot d’autostoppeurs. Il y avait un tas de pierres avec des messages ou des dessins laissés par ceux qui ont attendu là.

Spot autostoppeurs Village Lagos de los tres Carretera 40 Patagonie Argentine

Sur le coup ça me faire sourire puis ça me fait peur… Combien de temps ont-ils attendu là pour avoir le temps de faire tout ça ? L’attente promet d’être longue. Mais en réalité non ! Ma chance est encore avec moi ! J’ai à peine le temps de laisser mon message sur une pierre et un chilien s’arrête. On monte avec lui et il nous emmènera jusqu’au village de Perito Moreno le lendemain. Mais où a t’on passé la nuit ? – Allez vous me dire. Et ben là encore, coup de chance. On tombe dans un coin pommé où un gars propose à notre chauffeur de le loger pour 10 000 pesos (12-13 euros). Moi et mon co-autostopeur on ne veut pas payer, du coup il me propose de partager sa tente. Mais le propriétaire me regarde et me dit que non, une jeune fille comme moi ne dormira pas dehors. Il me propose donc de me loger gratuitement et finalement, il propose la même chose à mon co-autostopeur ! Il nous offre le maté, des petits biscuits, que demander de plus ? On décide de payer la chambre de notre chauffeur, c’est tout de même un minimum. On se retrouve donc le lendemain à Perito Moreno, de là on trouve, une camionnette et deux voitures différentes pour arriver à Chile Chico ! On a réussi à parcourir toute cette distance (700km!) en un peu plus de 24h sachant qu’on s’est arrêté pour la nuit, bel exploit. Je suis fière de nous.

Avec mon compagnon, on se sépare, il reste ici, je continue. Plusieurs personnes sont déjà en train d’attendre à la sortie de Chile Chico, dont deux français qui m’expliquent qu’ils sont là depuis plusieurs heures. Je décide de d’accompagner mon acolyte à son couchsurfing prévu ici histoire de voir si son hôte aurait une petite place pour moi. Bon, ben non. Je retourne à la sortie de la ville et là surprise, les deux français sont partis et 4 filles sont en train de monter dans une camionnette. Je demande donc s’ils ont une place de plus pour moi et op, on embarque ! Donc temps d’attente : zéro ! La route est sympa, on s’arrête même pour faire des photos.

On traverse un village, les gars m’expliquent qu’ils peuvent nous laisser là ou faire 10km de plus. Moi, je veux arriver à Puerto Rio Tranquilo, je leur dis donc que je veux tenter et faire les 10km de plus. Encore une fois c’est un coup de poker, car si personne ne me prend, je serai au milieu de nulle part. Ils nous déposent donc, les 4 filles et moi, 10 km plus loin au milieu de nulle part.

Et là je me trouve confrontée aux filles les plus niaises du monde. Je leur explique qu’il ne faut pas qu’on se lève les 5 en même temps et que si une voiture s’arrête, seule une ou deux d’entre nous doit y aller, pas plus, car sinon on va les effrayer. Je leur propose d’aller moi parler aux voitures, car je suis la seule à parler espagnol. Mais non, elles ne comprennent rien. À chaque fois qu’une voiture passait, elles se levaient toutes et si la voiture s’arrêtait elles se mettaient à parler toutes en même temps…. J’étais désespérée…Surtout qu’il y avait très peu de voitures qui passaient. Puis, je me suis un peu énervée, car m*rde, je ne veux pas dormir dehors de leur faute. Je leur promets qu’elles seront les premières à partir mais qu’elles me laissent faire ! (Whaouu elle s’énerve la fille). Bref, j’en fait partir deux dans une voiture puis je trouve une autre voiture pour m’emmener avec les deux autres.

Le conducteur sympa, me dépose à l’hospetaje le moins cher (qui est quand même à 10 000 pesos chiliens soit 14 euros) et m’invite à manger le soir avec ses potes.

Encore une fois, je repars deux jours plus tard, je me rends à la sortie de la ville pour faire du stop. Deux français sont déjà en train d’attendre ainsi que 4 autres personnes après. Je me pose avec les français en me disant que de toute façon je dois attendre que tout le monde passe. Avec les français, on parle bien, on se raconte nos voyages respectifs. Tellement que je ne vois le temps passer, il est vrai que ça fait déjà un moment qu’on attend. Mais je ne m’inquiète pas, il est 13h, les gens mangent.

Puis un chilien s’arrête, il les embarque. Je demande s’il a une troisième place et oui ! Je monte à l’avant ! Ce n’est pas très bien car je suis partie avant les autres personnes qui attendaient derrière alors que j’étais arrivée après mais de toute façon il n’y avait qu’une place de plus et les autres étaient tous par deux, autant que j’en profite. La route se passe dans une superbe ambiance. On discute, on rigole, on boit du maté. Je conduis même ! Bref, génial. Je lui explique que je n’ai pas d’endroit où dormir le soir et il me propose de rester chez lui, ils sont sympas ces chiliens. Et me voilà arrivée à Cohyaque !

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Quelques jours plus tard, je repars et prends la route pour Puerto Cisney et je commence à en avoir marre. Le coup de barre du voyage du voyageur me tombe dessus. J’en ai marre, je suis fatiguée. Mes journées se résument à des trecks et de l’auto-stop. Je sature. Je marche jusqu’à la sortie de la ville, c’est long, mon sac chargé de provisions est super lourd, mais j’y arrive.

Encore une fois j’ai de la chance avec le stop et j’arrive rapidement à Puerto Cisney. Une voiture me dépose à un premier croisement où je me retrouve avec deux israéliens que j’avais déjà croisés en faisant du stop. Ils m’expliquent qu’ils attendent depuis la veille et qu’ils ont campé là la nuit d’avant. Ils s’inquiètent que je n’ai pas de tente ni rien et me demandent où je compte dormir si personne ne prend. Car il vrai qu’on est au milieu de rien. Je leur réponds que je reste positive et que j’ai toujours eu de la chance. Effectivement, 10 minutes après, une camionnette passe et dit qu’elle n’a de la place que pour une personne. Les israéliens qui sont deux me regardent dégoûtés et me disent d’y aller «  Effectivement, tu as de la chance ». Je l’avais dit, non ? Et le mieux c’est quelle se rend directement à Puerto Cisney. Que demande le peuple ? Bon le pauvre, je suis crevée et dors tout le long, je ne lui aurait pas fait la conversation.

Par Puerto Cisney j’arrive sur l’île Chiloe où j’arrête petit à petit le stop. Je traverse facilement l’île mais une fois au nord à Ancud, j’ai vraiment du mal. Je cherche à joindre Osorno où je dois retrouver un ami chilien. Mais les voitures ne s’arrêtent pas et au bout de 5 minutes j’en ai déjà marre. Ce qui est décourageant c’est qu’en Patagonie, j’avais une voiture qui passait toute les heure mais qui s’arrêtait. Là j’ai plein de voiture, mais aucune qui s’arrête. Je monte finalement dans un bus et oui, je paye pour arriver à Orsono. De là, je trouve le bus le moins cher pour arriver à Valparaiso. Je tente de faire du stop à nouveau pour rejoindre Santiago mais les 30 min à attendre au bord d’une autoroute, là où m’a laissée la précédente voiture, me découragent et je finis par arrêter un bus. Puis un autre pour La Serena où je me repose chez une amie.

Bon allez là je me remotive et je fais du stop. Je tombe sur un routier. On m’a beaucoup parlé des routiers qui prennent des autostopeurs pour avoir de la compagnie. C’est donc toute confiante que je monte avec lui. La nuit tombe et il s’arrête au milieu de nul part… Que vais je faire ? « Tu n’as pas de tente ? – Euuuh, non. « Je dors assise dans son camion, pendant que lui dort dans sa couchette, pas des plus confortable. Le lendemain on reprend la route, il me paye le déjeuner, puis on se sépare à un croisement où il arrête un camion pour moi avec un routier super sympa. Puis je me retrouve de nouveau sur le bord de route. Un troisième routier me prend avec lui mais cette fois-ci je ne me sens pas du tout à l’aise. Il me pose trop de question, je ne sais pas pourquoi mais je ne le sens pas. Je lui demande donc de descendre et je trouve rapidement une autre voiture pour m’amener à ma destination Atacama.

Allez, viens par ici pour voir ce qu’il y a à voir à Atacama !

De là, je souhaite rejoindre le Nord Ouest Argentin, et là c’est la catastrophe niveau stop. J’attends à la sortie de la ville mais rien ne passe. RIEN. Finalement un 4*4 passe avec un couple de touriste à son bord. Ils partent pour la Bolivie et non pour l’Argentine mais ils m’aideront tout de même à faire plusieurs kilomètres. Je me retrouve sur une route en travaux où les voitures sont obligés de s’arrêter. Parfait pour faire du stop !

Mais j’ai beau demandé à toutes les voitures, personne ne veut me prendre. Je finis par m’asseoir sur le bord de la route adossée à mon sac. J’ai mal à la tête et je me sens si fatiguée, que je m’endors ! Comme ça au bord de la route ! Un mec des travaux me réveille et m’explique que ça doit être dû au fait qu’on est à plus de 3000 m d’altitude. Ah oui, quand même !

Un routier paraguayen finit enfin par me prendre et là je me rendors. Je suis incapable de rester éveillée. Je me réveille et là je me rends compte que l’on est arrêté. La route monte trop et son camion ne tient pas le choc. Il chauffe trop. Il parcourt 100 m puis s’arrête 20 min, enfin j’exagère, mais on a parcouru 160 km seulement en 7h ! Et lorsqu’on arrive le soir, au poste de frontière, son moteur explose. Baaaaam. Bon, au moins je suis arrivée au poste de frontière. Je suis fatiguée, j’ai super mal à la tête. Je veux passer la frontière et là les idiots de gardes frontière ne veulent pas me laisser passer. Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas mettre que je suis arrivée à pieds mais que je suis arrivée en véhicule et la règle c’est que si t’arrive avec un véhicule tu repars avec un véhicule. Mais les gars, je fais du stop, j’ai pas de véhicule. En plus le camion vient d’exploser et est bon pour rester quelques jours ici en réparation. J’insiste, je finis même par pleurer de fatigue et là enfin, ils me laisse passer. M*rde alors il faut pleurer pour se faire comprendre.

Et là, bon ben c’est le désert. Le poste de frontière se trouve à 4000 m d’altitude, au milieu du désert, il n’y a rien à part une dizaine de maisons, j’ai mal à la tête et la nuit tombe. Je parle à une personne qui m’indique une maison. Je toque à la porte et là, un peu de chance me revient. Je tombe sur la seule maison avec wifi qui m’offre un lit et un thé chaud pour 5 euros. Et le wifi, dans cette situation, c’est super méga important. Je suis au beau milieu du désert, toute seule, et ma journée a vraiment été longue, un peu de contact avec ma famille et mes amis, ça fait du bien. Le lendemain j’ai plus de chance, je trouve directement un camion qui m’amène à ma prochaine destination.


Et voilà, le stop dans cette partie du monde, pour moi c’est terminé. J’ai tout de même traversé la quasi totalité du chili, je suis fière de moi ! Je le recommande à tout le monde. C’est une façon différente de vivre son voyage, ce sont d’autres histoires à raconter, et en plus ça permet de faire des économies ! J’arrête là cet article qui est déjà bien trop long, même si j’ai eu d’autres occasions de faire du stop, en Europe notamment.

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