MANILLE (NON N’Y ALLEZ PAS)

MANILLE (NON N’Y ALLEZ PAS)

Qu’on se mette tout de suite d’accord : Les Philippines est un des plus beaux pays que j’ai vu mais avec la capitale la plus horrible que j’ai pu voir. Laissez moi vous expliquer…

Du 30 juin au 2 juillet 2016


Si on oublie les quelques jours passés à Singapour, ça fait un mois et demi que je voyage accompagnée, de ma mère d’abord puis d’une pote et d’un coup je me retrouve seule, pour de bon. C’est bizarre, on va pas se mentir. D’un côté, ça fait du bien, moi je n’ai pas de soucis avec la solitude, des fois, au contraire, c’est même le pied, mais d’un autre côté, je vais devoir aller à nouveau vers les autres si je ne veux pas rester seule, et en plus en anglais, et ça pour moi c’est nouveau.

 

Je m’étais rapidement renseignée sur Manille : J’avais cru comprendre que ce n’était pas la ville où il fallait rester et je vais vite le constater par moi même. J’arrive à l’aéroport et je prends le bus (pour 20 pesos) qui est censé m’emmener à une des stations du MRT (métro aérien). Je dis censé car je n’y suis jamais arrivée. Je m’attendais à ce qu’on nous annonce les arrêts, surtout pour un bus qui part de l’aéroport avec des étrangers, mais non rien du tout. Et je n’avais plus de batterie sur mon téléphone pour me suivre sur Google Map. Je suis donc descendue un peu au hasard et il n’y avait aucune station de MRT. À la place, je me suis retrouvée dans un enfer de circulation automobile. Je me mets sur le côté avec mon énorme sac, il fait chaud, c’est blindé, oula je me sens mal. Je regarde les Jeepney (je vous explique ce que c’est juste après!) passer en espérant voir une destination qui m’inspire mais rien du tout. Un mec finit par m’accoster et me demande où je vais. Il m’arrête un taxi sans que je ne lui demande rien. Bon, j’avais voulu me débrouiller et ne prendre que les transports en commun pour économiser de l’argent mais tant pis pour une fois je vais choisir la solution de luxe : le taxi. De toute façon, je suis perdue. Mais, alors que je monte dans le taxi, le gars qui m’a accostée me demande de l’argent. Je vous l’avoue, je suis un peu surprise mais j’ai appris par la suite que c’était une pratique très courante ici. Il m’aurait vraiment aidé, j’aurais surement donné quelque chose, mais là, je ne lui ai rien demandé et il vient s’imposer, je refuse donc. J’avais un peu peur qu’il me fasse des histoires si je refusais, mais pas du tout, au contraire. Donc n’hésitez pas à refuser, surtout quand c’est vraiment abusé.

Les Jeepneys, Kesaco?

Alors les Jeepneys, ce sont les Jeeps abandonnés par les américains après la seconde guerre mondiale qui ont été transformés en transport en commun. Elles (oui, c’est une jeepney) sont surtout connues pour leurs couleurs flamboyantes. C’est typique de chez typique car ça n’existe qu’aux Philippines.

Tu dois faire signe pour qu’il s’arrête, il n’y a pas d’arrêt fixe. Et pour descendre, tu tapes sur le toit. Oui, c’est vraiment à l’ancienne. Alors le prix, je n’ai jamais compris mais c’est pas cher. On passe l’argent à son voisin et ça passe de main en main jusqu’au conducteur qui rend la monnaie qui repasse de main en main.


Une fois dans le taxi je me rends encore plus compte de la monstruosité du trafic, on n’avance pas, ou quasiment pas. J’arrive à mon hostel et je fais un peu la tête. Il se trouve au sommet d’un énorme immeuble, ce n’est pas du tout une ambiance comme je les aime. Dans ma chambre il n’y a qu’une fille un peu bizarre qui parle beaucoup trop alors que je suis fatiguée. Le seul truc un peu cool c’est le rooftop qui offre une superbe vue sur la ville.

Bon avant de continuer, je dois vous dire que j’ai prévu de rester 3 jours sur Manille car le 2 juillet, il y a mon ami/hôte de Singapour qui a une escale d’une nuit sur Manille. Je l’attends donc pour profiter de le revoir même si ce n’est que pour une soirée. Et de toute façon je vais profiter de ces 3 jours pour me reposer et organiser le reste de mon voyage. Car, oui, je ne me suis toujours pas renseignée sur ce qu’il y a à faire et à voir aux Philippines et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire

Je sors le soir pour essayer de me trouver quelque chose à manger. Je marche le long d’une route très fréquentée avec pas vraiment de trottoir pour les piétons; soit la ville est vraiment dégueulasse, soit mon hostel est vraiment ma placé. J’arrive devant un genre de 7/11 et trois gamins m’accostent. Ah oui, j’avais entendu parler des enfants des rues de Manille. Ils me demande de l’argent… Alors, j’ai une règle, je refuse toujours de donner de l’argent à un enfant. Je vais à la boulangerie lui acheter à manger, je lui donne des stylos ou je ne sais quoi, mais jamais d’argent. On ne sait jamais si c’est un adulte qui abuse de lui et qui lui demande d’aller mendier pour ensuite garder tout l’argent. Je propose donc aux gamins de leur acheter à manger et ils me demandent une glace. Jusqu’ici tout va bien. Mais au moment de sortir du magasin, une dizaine d’autres gamins arrivent. J’ai vraiment mal au cœur pour eux, mais je ne peux pas non plus nourrir tout le monde. J’accélère le pas et je regarde par terre car je vous avoue, ça me fait vraiment de la peine et j’ai un peu honte de ne pas les aider. Je rentre vite à l’hostel et je décide de ne plus mettre un pied dehors. J’ai décrété que je n’aimais pas cette ville.


Le lendemain midi je sors quand même car un mec de mon dortoir me propose d’aller manger. On marche plusieurs kilomètres, il fait super chaud, je suis en transpiration de fou. Mais petit à petit on sort de notre quartier et on se retrouve dans un quartier tout neuf, très moderne, et avec beaucoup moins de trafic. Un peu de paix dans ce monde de brutes. C’est agréable, je vous l’avoue, malgré la transpiration qui me coule dans le cou. Et c’est pour moi l’occasion de goûter le Halo Halo, dessert typique philippin, sucré et frais, c’est parfait. Ah autre chose ! Je suis en tête en tête avec un mec qui ne parle QUE anglais et j’arrive à avoir une conversation avec lui ! *Petite victoire personnelle* Alors,  c’est vrai, à Singapour j’avais déjà parlé anglais mais à chaque fois que je dois re parler anglais je me mets à stresser. Donc j’appréhendais énormément de me retrouver en tête à tête avec ce mec. Je n’ai aucune confiance en moi. Au moins, ce petit moment, ça me montre encore une fois que je peux le faire.

Après ça je reste deux jours dans cet hostel à organiser mon voyage. Un soir, alors que je suis sur le toit, un philippin vient me parler. Il est là avec une équipe de travail. Il est super sympa mais une chose m’étonne : il me demande tout de suite mon compte Facebook et il m’explique qu’il en a trois car sur deux d’entre eux il ne peut plus ajouter d’ami, il en a trop. Je ne savais même pas qu’il y avait une limite d’ami sur Facebook ! Ce mec est à l’image des philippins : accro aux réseaux sociaux.

Bref, je rencontre également deux français super sympas, eux aussi sont en pleine organisation. C’est un peu une galère, on ne va pas se mentir. Le pays est énorme, il y a beaucoup trop de choses à faire et surtout : ce sont pleins d’îles, ce qui veut dire prendre le bateau ou l’avion. Le bateau, pour certaines destinations comme Coron, si tu as le temps et si ça tombe bien (il n’y en a que deux par semaine) ça peut vraiment être le bon plan financier. L’avion, si tu t’y prends à l’avance, tu peux vraiment trouver des bons prix mais, pour moi, comme je m’y prends au dernier moment, les prix sont exorbitants. Après moults hésitations je me décide et je clique sur acheter pour trois billets différents :

Manille – Cébu;  Cébu – El Nido;   Coron – Manille.

Ça y est, je me suis décidé sur un premier itinéraire, bon, après faudra voir en détails :

  • Aller-retour Manille Banaue en Bus pour aller voir les rizières.
  • Avion pour Cébu et visite de la région de Cébu (encore à définir).
  • Avion de Cébu à El Nido (NB : Cet avion coûte cher, le mieux c’est d’aller jusque Puerto Princesa puis prendre le bus jusque El Nido, mais vu que je m’y suis pris à la dernière minute ça revenait quasiment au même prix alors je me suis fait plaisir et j’ai pris un avion direct).
  • Bateau pour rejoindre Coron.
  • Avion de Coron pour Manilla (NB: Je n’ai pas pris le bateau car ça n’allait pas au niveau de mon planning et encore une fois c’est un billet d’avion qui coûte très cher mais pour la même raison que plus tôt je me suis offert ce luxe).

Après deux jours enfermée, je sors enfin pour rejoindre mon pote de Singapour à son hôtel. Il y a à peine plus d’un kilomètre, bon je vais les faire à pieds. Et une nouvelle fois je me retrouve dans l’enfer des rues de Manille. Le trottoir pour les piétons n’en est pas vraiment un. Je longe les voiture bloquées dans le trafic, ça pue, ça klaxonne dans tout les sens, c’est horrible. Je haie cette ville.

Son hôtel se trouve près du Greenparc et du centre commercial Greenbelt 3, c’est moderne, c’est propre, un peu éloigné de la circulation, ça fait du bien. Le soir on va dans un restaurant, le Ziggurat – je recommande – et je rencontre un couple d’amis à lui. Encore une fois, j’ai l’occasion de voir que les philippins sont super sympas et vraiment accueillants.

Je passe la nuit à boire des Red Horses, la bière philippine, forte comme une bière belge, tu en bois trois et déjà tu oublies combien tu en as bu. La nuit est courte, trop courte. Je dois faire mon chekout de bonne heure et je me retrouve à déambuler dans le centre commercial. Mon bus pour Banaue n’est que le soir à 20h. Qu’est ce que je vais faire d’ici là ? Je sais qu’il y a des trucs à visiter à Manille, le centre historique, mais je n’ai franchement pas envie de jouer la touriste, je suis trop fatiguée. Je vais donc au cinéma, ça me fera travailler mon anglais et je pourrais me reposer.

On m’avait dit d’aller en avance au lieu du départ de bus pour acheter mon billet, j’arrive donc vers 18h et je vais ensuite faire un tour dans le coin pour manger. Un groupe d’adolescentes m’abordent. Elles ont du être interpellées par le gros sac que je porte sur le dos, ou par ma peau blanche, beaucoup trop blanche par rapport à eux. Elles me posent des questions sur moi, mon voyage, c’est plutôt cool. Elles se mettent à me montrer une application de traduction qui pourrait m’être utile dans mon voyage. Je les remercie mais bon, j’utilise Google quoi. Puis, elle me montre une autre application de stockage de livres numériques. Ça devient vraiment bizarre, pourquoi veulent-elles à tout prix que j’essaye leurs applications ? Je remarque que les deux applications s’appellent de la même façon, JW, ça doit être le nom de leur école ou d’un truc du genre. Puis elles me montrent les livres qu’elles ont dans leur application : « Pourquoi il faut écouter Dieu ? « , et d’autres dans le même style. Elles me demande si je crois en dieu et donc en tant qu’athée à 100% je leur réponds que non pour milles raisons. Mais je vois qu’elles essayent de me convaincre et me montrent même une vidéo sur Youtube qui expliquent pourquoi il y a tant de malheurs dans le monde (une des raisons que j’avais évoqué pour ma non croyance) et là je revois ce fameux JW : Jehovah’s Witnesses ! Ahhhh tout devient logique. Elle sont en train de prêcher, un des devoirs des témoins de Jehovah. Franchement, elles m’ont impressionnée. Elles étaient vraiment jeunes mais savaient parler de manière à convaincre l’autre. C’est une expérience qu’on s’attend pas à avoir en voyageant mais j’ai trouvé ça super intéressant, de voir leur comportement et leur façon de me parler. C’est vraiment du beau travail, bon travail de secte.

Bref, je prends mon bus et je me prépare psychologiquement à une nuit de merde : le bus est vraiment inconfortable. Je retrouve les deux français de mon hostel, c’est sympa de voir des têtes connues. Ah oui petit conseil : prenez des habits chauds pour le bus, la climatisation fonctionne vraiment bien, peut-être un peu trop. Comme prévu je ne dors pas de la nuit, je suis mal installée, j’ai froid. Mais, ce qui me rassure, c’est que j’ai déjà réservé mon hôtel sur Banaue et qu’ils viennent me chercher à l’arrivée du bus, parfait

Par ici pour la suite et les incroyables rizières de Banaue 

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