RETOUR PENIBLE SUR BANGKOK

RETOUR PENIBLE SUR BANGKOK

Passage de courte durée, mais pénible


le 16 juin 2016

J’arrive tard, 23h30; à Bangkok et plus précisément à l’aéroport Don Muang (DMK), le petit aéroport au nord de la ville. Mon amie, dont j’ai déjà dit ici qu’elle me rejoignait pour deux semaines en Thaïlande, arrive le lendemain matin dans l’autre aéroport, le plus gros, Suvarnabhumi. Je suis censée aller la rejoindre dans son aéroport, puis retourner dans le petit aéroport où on doit prendre un avion pour Surat Thani dans le sud de la Thaïlande – le but étant de rejoindre l’île de Koh Phangan pour la Full Moon Party. Et je me dis que pour faire l’aller-retour entre les deux aéroports, j’utiliserais la navette qui fait la liaison entre les deux et que je passerais la nuit dans le grand aéroport. Dormir dans un aéroport ça ne me fait pas peur. Donc voilà, vous connaissez le plan.

Maintenant, laissez moi vous raconter, ce qu’il s’est vraiment passé.

Donc, j’arrive tard à Bangkok, le temps de récupérer mon bagage et de passer les contrôles, il est plus que minuit et la dernière navette est déjà partie. Bon, j’avais prévu de dormir dans l’autre aéroport, plus grand et plus confortable, mais ce n’est pas grave. Je dormirais ici et je prendrais une navette demain matin. Je trouve une rangée de sièges avec une prise à côté et j’ai internet. Parfait. Donc, je m’installe, je fais comme chez moi.

Puis, profitant du wifi, je me dis « Tiens et si je regardais comment, une fois arrivée à Surat Thani, aller jusqu’au port où prendre le bateau pour Koh Phangan ». Donc je regarde ma réservation et je vois écrit « vol à destination de Udon Thani », bon ça doit être le nom de l’aéroport. Ahah, qu’est ce que je peux être stupide de temps en temps. Donc je tape sur Google, mon cher ami, quelque chose du genre « Horaire navette Udon Thani Piers Koh Phangan » et je ne trouve rien, absolument rien, sur ce que je veux. Je beug un peu, je ne comprends pas trop puis j’ai une révélation : Et si je tapais sur Google que Udon Thani. Et là, je comprends. Udon Thani n’est pas le nom de l’aéroport de Surat Thani, non. Udon Thani est le nom d’une autre ville, qui se trouve dans le nord de la Thaïlande, absolument pas là où je veux aller. Et ouais les amis, ça peut arriver …

Je me suis trompée de destination. 

Et donc là, vous l’aurez deviné, je me dis MERDE MERDE MERDE MERDE. Oui, rien que ça. Parce que le vrai problème c’est que je ne suis pas seule dans l’histoire. Si j’avais été seule, bon ben j’assume et je me rachète un billet d’avion pour la bonne destination, ou je suis mon destin et je me rends là où je n’avais pas du tout prévu d’aller. Mais là, je ne suis pas seule, et mon amie est dans son avion quelque part entre la France et Bangkok et je n’ai aucun moyen de communiquer avec elle. J’essaye d’aller voir le bureau de Thai Lion Airline, la compagnie avec la quelle j’ai acheté nos billets pour Udon Thani, mais bien sûr, à 3h du matin, il est fermé.

J’attends donc le petit matin. Je passe une nuit de merde, soyons honnête. Je m’en veux par rapport à ma pote et je me trouve stupide, comme jamais. Mais qui peut se tromper comme ça à part moi ? C’est comme si tu veux acheter un vol pour Pékin et que tu atterries à Auckland quoi, enfin, j’exagère un peu là. Ça va faire un an que je voyage et c’est la première connerie que je fais et faut que ça arrive quand je suis avec ma pote. J’appelle une amie rencontrée à Buenos Aires pour me changer les idées, ça fonctionne plutôt bien, merci à elle.

Au petit matin, je me rends au bureau de Thai Lion Airline, sans gros espoir qu’ils m’aident, mais qui ne tente rien n’a rien. J’explique mon cas en demandant s’ils peuvent me changer les billets pour la bonne destination, sachant que je m’étais renseignée, que les prix étaient équivalents, et qu’ils y avaient toujours des places pour l’avion du jour. J’essaye tout, je me mets même à pleurer mais non, ils m’envoient chier comme du caca. La seule solution est donc que je perde les billets que j’ai acheté, et l’argent qui va avec, et que j’en achète d’autres, pour la bonne destination cette fois-ci. Bon, je verrai avec ma pote ce que l’on fait.

Je me rends donc pour prendre la navette pour rejoindre ma pote à l’autre aéroport. Mais là, non, on refuse de me laisser prendre la navette. Pourquoi ? Ben parce qu’il n’y a que 40 places ou je ne sais plus combien et elles sont réservées pour ceux qui ont un vol au départ de l’autre aéroport. La navette est devant moi et elle est VIDE, complètement VIDE. J’explique mon cas, je montre la réservation de mon amie, je lui demande très gentiment, je le supplie un peu, je pleure (oui c’est ma technique), je propose de payer, je deviens un peu désagréable (et j’en ai un peu honte après coup)… Vous allez quand même pas laisser une navette vide partir et m’interdire d’y monter ? Ben oui, la navette part, vide, devant mes yeux et en bonus, le gars est super désagréable avec moi. Encore une fois, on m’envoie chier comme du caca. Là je vous l’avoue, je commence un peu à en avoir marre.

Bon, allez, ce n’est pas grave, de toute façon ma pote arrive en fin de matinée, j’ai encore le temps. Je vais donc attendre et prendre le bus classique qui permet de joindre le centre ville puis je prendrais le city train pour rattraper l’aéroport, même si avec mon gros sac c’est la galère et si ça va me prendre trois fois plus de temps. Je m’assoie dehors et je fume une cigarette bien méritée (oui, je sais le tabac ce n’est pas bien mais là pour une fois, on peut m’excuser). Et là, un thaïlandais vient s’asseoir à côté de moi et se met à râler pour la fumée. Je ne tiens plus, je pète un plomb : JE SUIS DEHORS, IL Y A PLEINS DE PLACE, TU VOIS QUE JE SUIS EN TRAIN DE FUMER, TU CHOISIES DE T’ASSEOIR LÀ ET TU RÂLE PARCE QUE JE FUME !  Bon malheureusement, le gars ne parle pas un mot anglais, et je râle dans le vent et c’est moi qui finis par me déplacer pour ne plus importuner ce monsieur.

Je prends le premier bus, je suis crevée, je m’assoie par terre avec mon sac, derrière le chauffeur. Plus le bus avance dans la ville, plus les gens montent et plus ça râle car mon sac est à moitié dans le chemin. Je suis mal à l’aise d’embêter tout le monde mais je ne n’y suis pour rien. Je vois, par la fenêtre, le symbole du MRT (métro) et je descends me disant que je rejoindrais le city train par le MRT, ça sera plus rapide et j’embêterais peut-être moins mon monde. Les quelques pas que j’ai à faire entre l’arrêt de bus et la station de métro me sont insupportables. La fatigue et l’énervement font que je suis à fleur de peau. Puis, revenant de Singapour où tout est propre, beau et bien organisé, je supporte difficilement la circulation des voitures qui puent, les trottoirs encombrés de gens qui te rentrent dedans et de stands en tout genre et le bruit des klaxons et de toutes les conversations.

 

J’enchaîne le MRT puis le city train, soulagée de me rapprocher de l’aéroport, en regardant Bangkok défiler devant mes yeux. Je me souviens qu’au premier contact, j’avais adoré cette ville, le mélange de traditionnel et de moderne, toute cette foule, ce choc culturel total, et là, je la déteste. Je trouve les gens super désagréables, je trouve les rues sales, polluées, bruyantes… La comparaison que j’en fais avec Singapour lui est fatale. Mais bon, je sais que je suis surtout à bout et que donc je ne suis pas très objective.

 

Et oui, dur à croire que je disais ça lors de mon arrivée à Bangkok, par ici. 

J’arrive enfin à l’aéroport où je retrouve mon amie, je lui explique calmement la situation (malgré que je suis au bout de ma vie émotionnellement parlant), tout en m’excusant, bien sûr. Je lui propose donc de passer une nuit sur Bangkok, afin de se poser et de voir pour acheter un billet d’avion pour le lendemain pour la bonne destination cette fois-ci. Il faut savoir que nous avions déjà réservé nos nuits sur Koh Phangan puis sur Koh Tao, on perdait donc la première nuit, encore de l’argent de perdu pour ma pomme. Mon amie, étonnamment, le prend bien.

On prend donc le city train et on se pose dans une minuscule chambre à l’Amazing House. J’achète le billet aller-retour pour Surat Thani pour le lendemain et je propose à mon amie de rester un peu plus que prévu sur Koh Tao et donc de réserver une nuit en plus. Voilà, c’est fait, on peut aller faire un tour. Le quartier est sympa, je prends un petit déjeuner qui me fait du bien, dans un restaurant à côté, et on se dirige vers le Palais royal.

Malheureusement, ma mal chance me poursuit et il est fermé pour je ne sais plus quelle raison. Je n’ai rien d’autre à proposer à part marcher dans les rues, je suis désolée pour mon amie qui vient de perdre une journée et je m’en veux vraiment. Fatiguées, on rentre à l’hostel et on s’effondre dans le lit.


le 18 juin 2016

Cette fois-ci, c’est la bonne, on est en route pour Surat Thani !

 

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