USHUAIA

USHUAIA

Du 23 au 28 février 2016

Je devais y rester deux jours ou trois, j’y suis restée cinq. Alors je préviens tout de suite, je n’y suis pas restée parce que le lieu est incroyable ou je ne sais quoi. Non, ce n’est pas ça. C’est juste qu’après 6 mois au Mexique (clique dessus si tu veux lire mes aventures au Mexique) puis ces quelques jours à Buenos Aires (Idem), un peu de calme, de froid, de tranquillité, ça me faisait un bien fou. Autant le dire, en réalité, la ville ne mérite pas d’y rester aussi longtemps, à moins d’avoir du temps à perdre. Je dirais même que ce n’est pas une étape incontournable, vous pouvez vous en passer. Mais moi, je le dis, j’ai kiffé !

 

Le 23 février 2016

J’arrive à 9h et mon couchsurfing n’est dispo qu’à partir de 17h, bon il va falloir attendre. Que faire ? D’abord, dormir. Je suis crevée, je n’ai quasiment pas dormi de la nuit. Je me pose dans l’aéroport (le plus petit que j’ai vu de ma vie) et je dors. Après 3 heures allongée en plein milieu de l’aéroport comme une clocharde, je me réveille et vois qu’un autre vol vient d’atterrir ! C’est le moment de partager un taxi. Je m’approche d’une fille, une israélienne (je vais vite me rendre compte que cette partie du monde est remplie d’Israéliens), et nous partageons le taxi. Ça nous revient à 50 pesos chacune pour aller jusqu’au centre. En réalité, l’aéroport est juste à côté du centre et vous pouvez y aller en marchant si vous voulez économiser quelques pesos, si vous avez le courage et si vous n’avez pas un sac-à-dos qui pèse une tonne.

Je traverse le centre ville, assez petit, mais mignon avec ses maisons en tôles colorées.

J’arrive au musée de la prison. « De la prison ? ». Oui, de la prison car fin des années 1800, début des années 1900, l’idée germe dans je ne sais plus quelle tête de faire à Ushuaia une colonie pénitentiaire qui fermera en 1947. Aujourd’hui c’est un musée ! Elle est en forme d’étoile sur deux étages, et chaque bras est en lui-même un différent musée. Les expositions se font à l’intérieur des cellules.

La première partie est sur l’histoire maritime. Mouais, on voit des maquettes de bateaux, ce n’est pas trop mon délire. Une deuxième partie est sur le pénitencier en lui-même et les autres pénitenciers dans ce style dans le monde. Là ça devient plus intéressant. Le problème c’est que je suis crevée et qu’il a beaucoup, mais vraiment beaucoup trop de lecture. Je lutte pour essayer de tout lire mais je finis par faire comme tout le monde à passer d’une cellule à une autre en regardant juste les photos. Un des bras de l’étoile a été gardé comme à l’époque. On peut voir dans quelles conditions vivaient les prisonniers, où ils se lavent et c’est…. Froid. Bref, dans une autres parties ils parlent de la faune locale et on termine avec une exposition de peinture… En conclusion ? Je trouve ça très cher pour ce que c’est. Mais en Patagonie, et plus spécialement à Ushuaia, tout est cher.

Je sors du musée et il n’est que 15h ! J’ai encore deux heures à tuer. Je remonte donc le centre en longeant cette fois-ci la côte. Avec les montagnes enneigées tout autour, c’est super beau. Il ne manque plus que le ciel bleu !

J’arrive au niveau des petites cabanes où on peut acheter son billet pour aller sur un des bateaux faisant le tour des trois îles et du fameux phare du fin du monde ou sur un de ceux qui vont jusqu’à l’île des pingouins. Ça me plairait bien mais c’est franchement cher. 850 pesos pour faire le tour des trois îles, 1500 pour aller voir les pingouins. Et bien sûr, on ne peut payer qu’en liquide comme toujours. Sachant qu’on ne peut retirer que 2000 au maximum quand ça veut bien marcher et qu’à chaque retrait j’ai des frais alors que quand je paye par carte non… Ça commence franchement à devenir chiant. Bref. Je vais faire tamponner mon passeport au centre de tourisme (yeah ! Un nouveau tampon !) et pars à la recherche d’un café avec wifi en attendant que mon host couchsurfing sorte du travail.

Il passe me chercher et après 5 minutes on est déjà en train de rire et de parler sans s’arrêter. Moi qui voulait pratiquer mon espagnol, parfait. Il me propose de sortir manger une pizza et boire une bière avec une amie suisse qui vit ici. On va au Dublin, plein à craquer, d’étrangers de passage et de locaux. Je discute avec je ne sais pas combien de personnes et on finit par rentrer à je ne sais quelle heure. Journée bien remplie.

 

24 février 2016

Besoin de repos, je dors donc jusqu’à 13h ! Oui, il faut bien ça de temps en temps.

Je pars retrouver une fille de Taiwan que j’avais rencontrée à Buenos Aires. On décide d’aller au parc de la Terra del Fuego le lendemain. Je retourne chez mon host et en chemin je fais quelques courses pour préparer le dîner. Je ne me vois pas dormir chez quelqu’un sans l’inviter à boire une bière au minimum ou lui faire à manger. Bref, je rentre et me rends compte que je n’ai quasiment rien fait de la journée.

Je me lance donc, malgré l’heure tardive -19h – dans une balade dans les montagnes. Je me dis que j’irai jusqu’à la dernière maison, mais arrivée là je trouve un sentier marqué… Hum, et si je poursuivais ma balade ? À l’entrée il est écrit de ne pas y aller tard, de ne pas y aller seul, et de prévenir quelqu’un… Je rigole en disant que je fais tout l’opposé : je suis seule, il est presque 20h et personne ne sait où je suis. Deux heures plus tard, je rigole beaucoup moins. Je ne vois toujours pas la fin du sentier et il commence petit à petit à faire nuit. Je décide alors de faire demi tour un peu déçue. Toute l’adrénaline qui m’avait envahie du fait que je m’étais lancée dans cette aventure toute seule, redescend d’un seul coup. Et c’est le stress qui prend le dessus. Je sais au fond que je ne risque rien mais mon imagination débordante prend le relais et je m’invente je ne sais quoi. Surtout que cette forêt avec ses arbres poilus est propice à mes délires paranoïaques. On dirait clairement une forêt digne des contes Grimm et je m’attends à tomber sur un cercle de sorcières. Pas la peine de me dire que j’ai un problème, je le sais. Vu que je stresse, je perds le chemin, et là je panique clairement. Et pourtant je sais que je ne risque rien du tout. Je sais dans quelle direction aller pour tomber sur la ville. Donc je m’engueule mentalement et m’oblige à me calmer. Je retrouve le sentier et me mets à courir. Pas spécialement parce que j’ai peur. Mais parce que la nuit tombe de plus en plus vite et que j’ai envie de sortir d’ici avant que la nuit noire envahisse la foret. Je sors enfin de là avec un certain soulagement et retourne à la maison de mon host. Je cuisine, on mange ensemble, on rigole, on discute, super expérience de couchsurfing.

Vue sur Ushuaia Argentine.jpg

 

 

25 février 2016

Je retrouve ma copine de Taïwan et on prend le bus de 10h pour se rendre au parc de la terre de feu. Il y a un bus par heure mais franchement, c’est super cher. Faites du stop ! Il me semble que l’aller retour coûte 400 pesos et l’entrée 180 pesos. Mais astuce ! Si vous rentrez dans le parc avant 8h ou après 20h, vous ne payez pas ! Ben oui, le bureau est fermé. Vous pouvez camper dans le parc, il y a des campings gratuits. Si vous faites comme moi, tout payer, et y rester que la journée. Franchement ça fait cher pour ce que c’est.

On a fait le sentier que tout le monde fait plus ou moins : longer la côte puis marcher jusqu’à la fin de la route 40. Franchement j’ai été un peu déçue. J’avais lu dans mon guide que le sentier qui longe la côte était le plus beau et ben.. ? Bof bof ! OK, je n’avais pas le soleil, peut-être qu’avec un ciel bleu et donc, une couleur de l’eau plus bleutée, ça aurait été plus beau. Mais quand même, c’est loin d’être la plus belle chose à faire dans le coin. Par moment tu marches sur la plage, par moment tu es dans la forêt qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle où j’ai été m’aventurer la veille et qui est gratuite. Et la cerise sur le gâteau : la fin du sentier se fait à un ou deux mètres de la route et on finit même par marcher un bon bout de temps sur cette fameuse route. On est loin du « into the wild » – dans la nature pour ceux qui ne mangent pas de ce pain là. Je ne vais tout de même pas dire que c’est moche mais pour beaucoup moins cher, aller vous promener dans les alpes, c’est plus joli !

 

 

Je rentre un peu… sur ma faim ! Mais comme je l’ai déjà dit, avec un ciel bleu ça doit valoir le coup. Après faut le trouver le ciel bleu à Ushuaia.

Ah oui , j’allais oublier ! En rentrant je pars à la chasse au cash ! « Donne moi du cash » ( Dédicace à Brice, de Nice ! ). Bref, j’essaye une banque, deux banques, trois banques, rien. Merde ! Avoir de l’argent c’est une vraie galère dans ce pays et en plus il faut quasiment tout payer en liquide ! Finalement j’y retourne le lendemain et je vais directement au guichet. Un gentil monsieur m’explique que le problème est que ma puce est trop moderne et que les distributeurs sont, en général, trop vieux. Il m’indique la seule banque où je peux retirer de l’argent : el banco de la nacion. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Le soir je mange avec mon host, toujours dans cette super ambiance, quand un autre couchsurfeur arrive. Un australien ! Ce qui veut dire ? Oui vous au fond ? « Il va falloir parler anglais ». Brian is in the kitchen ! Et moi je suis dans la m**de ! Mais on se motive et on y va ! Of course. Le pire c’est que je comprends parfaitement, mais sortir une phrase correcte c’est une galère.

Bref, on sors et là le pauvre je le plains. Quasiment tous les amis de notre host parlent aussi bien anglais que moi, et en plus, il est fatigué de plusieurs jours de galère de d’auto-stop. Puis le beau Santi arrive. Avec son accent de Cordoba, ça y est je craque ! Tout ça pour dire que je lui explique que le lendemain je n’ai plus d’endroit où loger car mon host reçoit une autre fille et moi, ben je dois bouger. Et voilà qu’il me propose d’aller chez lui ! Ils sont gentils ces argentins. On rentre, et je m’écroule après une journée bien remplie.

 

26 février 2016

J’ouvre internet et là je vois qu’un autre host sur couchsurfing me propose daller chez lui le soir même. Vu qu’avec Santi rien n’était sûr, je confirme avec le gars de couchsurfing. Il me propose de m’emmener à la laguna Esmeralda mais suite à une mauvaise connexion wifi on se rate et il commence à être trop tard pour y aller.

Il me propose donc d’aller au glacier qui se trouve à côté de la ville. Il vient me chercher en voiture et je propose à l’Australien de venir avec moi. L’host vient nous chercher et nous dépose au début du sentier pour monter jusqu’au glacier.

Bon, je parle de cet host car il est franchement chelou ( « Oh mon dieu, encore ce langage de jeunes ! » OK pour les gens nés avant 1980, chelou veut dire bizarre, c’est ce qu’on appelle du verlan : louche à l’envers ça donne chelou ! ».) Donc il était chelou ! Pourquoi ? Parce que son occupation dans la vie c’est recevoir des couchsurfeurs et faire le chauffeur pour eux, aller les chercher à l’aéroport, les amener je ne sais où, etc. Et ce jour là, il m’amène au glacier et repart. Je dois le retrouver plus tard pour aller dormir chez lui. Vous aurez alors le reste de l’histoire.

Donc le glacier ! Si vous en avez vu d’autres avant, n’y allez pas ! C’est sympa de marcher, enfin, en vrai quand je grimpe je souffre. J’essaye de ne pas montrer que je suis en galère mais je me rends bien compte que je ne suis pas du tout en bonne condition physique. En même temps, je suis du nord, le plat pays de France, les montagne je ne connais pas moi et grimper encore moins. On a une belle vue sur la ville mais c’est pas non plus le truc de ouf (même principe que chelou, fou à l’envers : ouf !). Puis le glacier, franchement je ne suis même pas sûre que ce soit un glacier, c’est juste de la neige sur une montagne. Encore une fois rien de renversant.

Je rentre et fais mon sac pour aller chez mon nouveau host qui vient me chercher. Honnêtement, je suis très triste de quitter mon premier host avec qui je me suis éclatée et je sens déjà le malaise s’installer avec le deuxième host. Il me dépose avec une allemande dans une maison à l’autre bout de la ville. Pendant le trajet, je commence déjà à regretter d’être partie avec lui car j’ai l’impression d’être super loin de tout. Il explique qu’il avait une maison dans la campagne avant mais qui a brûlée et que du coup il nous laissera chez un ami. Oui, pourquoi pas. Et là, je fais un pas dans la maison et je déchante. Il m’explique que, pendant un an, cet maison a été laissée à l’abandon et qu’ils l’ont récupérée il n’y a pas longtemps. Oui, ben ça se voit. On dirait un squat, c’est très très sale, pas de chauffage, à Ushuaia une maison sans chauffage ça n’existe pas, et surtout pas d’eau chaude. On est 5, et il n’y a qu’une chambre et un matelas. Où vais-je dormir ? L’allemande ne retrouve plus son sac qu’elle avait laissé le matin, il a disparu. Je pars avant de savoir si elle l’a retrouvé ou pas. Je prends un taxi et retourne chez mon premier host.

J’espère pouvoir utiliser sa connexion internet pour trouver un hostel. Il me propose de rester une nuit de plus mais devrais camper sur le sol. Je suis super énervée et je ne sais pas pourquoi j’ai une envie de pleurer de colère. Comment peut-on vouloir accepter des gens dans ce squat pour SDF ? Je re regarde le profil du gars sur couchsurfing car il me semblait qu’il avait de très bonne références. Et là je comprends, oui il a de bonnes références, mais de l’époque où il avait encore sa maison, depuis, plus rien. Je veux bien que ça lui fasse plaisir de voir du monde, de faire le chauffeur et tout, mais quand même ! Bref, on boit des bières (oui je sais, c’est mauvais pour la santé), on fume des clopes (oui je sais, c’est pire), on discute, on rigole et ça va mieux.

 

27 février 2016

On arrive à convaincre notre host de venir avec nous jusqu’à la laguna Esméralda. On est donc parti à 4, un australien, un argentin, une espagnole, et moi ! Le sentier est sympa. On traverse forêt, tourbières, on longe une rivière, on observe des barrages de castors, c’est super sympa. Puis bouquet final, on déjeune au bord de la lagune avec montagne en arrière plan. Pas mal comme spot de pique-nique. On rentre avant que la pluie vienne nous gâcher la fête. On est passé entre les gouttes, quelle chance !

Ah oui, j’ai oublié de vous raconter ! Après ma mésaventure de la veille j’avais demandé à Santi (j’espère que vous suivez pour vous rappeler de qui c’est) si je pouvais toujours aller chez lui. Donc en rentrant je prépare mon sac et je vais chez lui. On se promet avec les autres de sortir ensemble le soir même. J’arrive chez Santi et il m’offre un super accueil. Comme mon host précédent, une super ambiance s’installe tout de suite. Bref, il s’excuse car il a un anniversaire de prévu le soir. Pas de soucis ! Moi de toute façon je sors avec les autres. Avant ça je retrouve ma copine de Taïwan et on s’offre deux bouteilles de vin. On va dans un bar retrouver les autres. Ouais, bof l’ambiance, un peu coincée. Aidée par le vin qui coule dans mes veines (même si, honnêtement, je n’ai pas besoin de ça), je parle avec tout le monde, c’est super sympa. Mais moi, à la base, j’avais envie de danser ! On se retrouve dans un bar dansant, ambiance cumbia. Franchement, c’est pourri, mais mon envie de danser prend le dessus.

 

28 février 2016

Aujourd’hui, rien de spécial. Je peux résumer ma journée en trois mots : gueule de bois ! Journée repos.

 

29 février 2016 

Il est temps pour moi de dire au revoir à Santi et à Ushuaia. Je prends la route pour Puerto Natales au Chili. Mon prochain host de couchsurfing m’attend là bas. Vu que les bus sont hors de prix et que l’auto-stop se fait facilement ici, je me lance.

 

En route pour la sortie de la ville je m’achète une carte téléphonique. Ça ne coûte que 20 pesos et après c’est 4 pesos par jour pour internet. Conseil : ne faites pas comme moi à prendre Claro qui fonctionne nulle part. Prenez Movistar !

 

Après quelques pas, je trouve une première voiture qui me dépose à la sortie de la ville qui est assez éloignée. Ils sont déjà 4 à attendre une voiture. La règle «  premier arrivé, premier servi » est de rigueur. Je décide de marcher un peu plus loin. Je ne sais pas pourquoi réellement. Mais ça a marché ! Une voiture s’arrête et je demande « Donde vas? » « Puerto Natales » ! Quelle chance, au bout de deux minutes, la première voiture qui s’arrête va là où je vais ! Faut savoir que c’est un truc de fou car quasiment personne ne fait Ushuaia – Puerto Natales. Et c’est parti pour 12 heures de route avec ce gentil monsieur et son chien. Fatigué par la route, il me laisse conduire une bonne partie du trajet. Je suis en train de conduire en Patagonie, la classe ! Car oui, c’est ma première fois dans la pampa et c’est magnifique. Bon, c’est vrai que c’est tout le temps la même chose : des kilomètres et kilomètres de collines recouvertes d’herbes hautes sèches, orangées, dansant avec le vent, et de boules de mousse. J’arrive vers 22h à Puerto Natales.

Laisser un commentaire

Fermer le menu
%d blogueurs aiment cette page :